Reconversion à Staffelfelden, les travaux démarrent sur le carreau Marie-Louise
La transformation de l’ancien carreau Marie-Louise, à Staffelfelden, en zone d’activité vouée à l’industrie, à la technologie et à la logistique est en bonne voie. Les travaux viennent de démarrer sur le site. Premières implantations prévues avant la fin 2008.
Marie-Louise, « la mine la plus puissante du Bassin potassique » comme l’a qualifiée l’historien des MDPA Roger Weissenberger, a disparu du paysage. L’exploitation s’est arrêtée début avril 1998 et le chevalement de Marie est tombé un an après, en 99. Démolition, dépollution et réhabilitation du site ont suivi. Depuis quelques jours, le carreau reprend vie. Les travaux de réaménagement de cet immense terrain (90 hectares au total) viennent tout juste de débuter. « Il existait sur le carreau une activité très importante qui générait des emplois et s’accompagnait d’une vie associative et sociale. Avec la disparition des mines, la commune s’est appauvrie », résume, lucide, le maire de Staffelfelden Stanislas Pilarz. « On ne pouvait pas laisser ce terrain en friche. Il fallait absolument créer une nouvelle dynamique pour permettre à la commune de rebondir ».
Pilotage par la Camsa
Seulement, pour une ville comme « Staff », le morceau était un peu gros à digérer. En 2004, la commune a donc décidé de transférer sa compétence de développement économique à la Camsa (Communauté d’agglomération Mulhouse Sud Alsace). Cette structure — par l’intermédiaire de la Serm(Société d’équipement de la région mulhousienne) — va assurer l’aménagement et le développement de la zone d’activité d’intérêt communautaire. Le carreau Marie-Louise sera, en principe, dédié à l’implantation d’entreprises technologiques, industrielles et logistiques. Des activités artisanales sont aussi prévues, en particulier en limite des zones habitées.Le carreau est schématiquement divisé en trois parties. Une zone nord (sur les communes d’Ungersheim, Feldkirch et Pulversheim) plutôt destinée à accueillir des activités liées au recyclage ; un terril de 38 ha au centre et une partie sud (à Staffelfelden). Les deux zones nord et sud représentent une superficie totale de 52 hectares.Qu’est-ce-qui poussera les industriels à venir s’implanter ici ? Premier argument — guère révolutionnaire — avancé par Jean-Claude Kammerer, vice président de la Camsa : « La zone sera de haute qualité environnementale ! » Soit. Et de s’expliquer : « Les entreprises veulent sortir des villes. C’est une tendance actuelle. Si, pour des raisons pratiques, une industrie veut quitter la ville-centre, notre souhait est qu’elle reste dans le périmètre de la Camsa ». Autres atouts, auxquels les entrepreneurs seront certainement plus sensibles : le rail. « Le carreau est desservi par une voie de chemin de fer MDPA qui relie le réseau SNCF, via Richwiller et Bollwiller ». Et la route : le site est voisin des RD83 (Belfort-Colmar) et RD 430 (Mulhouse-Guebwiller).
Dix millions d’euros
Le coût total des travaux de réaménagement est évalué à un peu plus de dix millions d’euros. Le financement est pris en charge par la Camsa (pour 1,63 million) avec le soutien du Contrat de projet État Département Région 2007-2013 et du plan de revitalisation économique du conseil général.Et la commune de Staffelfelden dans tout cela ? Elle compte bien tirer les marrons du feu en récupérant quelques subsides à la marge. « Même si nous ne toucherons pas de taxe professionnelle, nous attendons beaucoup de la taxe sur le foncier bâti, qui reviendra à la commune. Par ailleurs si, à terme, 500 personnes travaillent sur cette future zone, il y aura forcément des retombées pour Staffelfelden », conclut le maire.
L'alsace, Jeudi le 29 Novembre 2007